En suivant l’odeur du miel jusqu’aux cimes du Wuyi
J’ai goûté pour la première fois un Jin Jun Mei mémorable lors d’une matinée de fin avril à Tongmuguan. La brume ne s’était pas levée au-delà de la ligne des bambous, et l’air était chargé de rosée froide et du parfum de feux de charbon lointains. La famille qui l’a produit — trois générations de femmes cueillant les bourgeons — a apporté un échantillon sur leur table en bois usée, et j’ai su que je rapporterais ce thé.
Ce lot 2025 provient d’un seul jardin situé à environ 1100 mètres d’altitude, où le cultivar local Wuyi Caicha produit de minuscules bourgeons d’un or pâle après la fête de Qingming. La fenêtre de cueillette n’a duré que cinq jours ; chaque bourgeon a été cueilli à la main avant 8 heures du matin.
La transformation est douce. Les bourgeons ont flétri lentement sur des plateaux en bambou sous une lumière diffuse, puis ont subi une oxydation spontanée soigneusement surveillée — juste assez pour faire ressortir le miel et le malt sans perdre leur fraîcheur. Le roulage est effectué à la main en petits lots, et le séchage final utilise des braises de charbon à basse température plutôt qu’un four, préservant la texture soyeuse du thé.
Le résultat est un thé noir qui évoque le lever du soleil sur la montagne : doux, profond et rayonnant. C’est la pièce maîtresse du hong cha moderne, et le déguster aux côtés de millésimes plus anciens montre pourquoi. C’est un thé à savourer lentement, de ceux qui transforment un après-midi ordinaire en une petite cérémonie.